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04.06.2007

Fabrice Le Danvic (LCR) à Quimperlé - Concarneau

Il s'appelle Fabrice Le Danvic, il a 39 ans, il est ouvrier chez Nestlé-Purina, à Quimperlé, et il se présente pour la première fois à des élections. Son parti : la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR).


Le Danvic : un nom très breton. Et pourtant, il parle avec un accent prononcé du Sud-Ouest. Normal : il est né à Villeneuve-sur-Lot, et il habite ici seulement depuis 1996. « Mes grands-parents paternels étaient originaires de la région de Plouay-Arzano », explique-t-il, «mais ils sont descendus vers le Sud dans les années 1930. Ils sont revenus après la guerre, mais mon père avait trouvé sa femme là-bas, et il y est resté ».

D'abord dans la boulangerie
Membre d'une famille de huit enfants, Fabrice le Danvic quitte l'école après la 3e pour devenir à Agen apprenti-boulanger, puis ouvrier dans la même branche jusqu'à l'âge de 20 ans. Mais il se retrouve bientôt au chômage, et il est embauché comme analyseur de farine par l'usine d'aliments pour animaux Spillers Food, installée à Boé, non loin d'Agen. L'entreprise ferme en 1996, et on lui propose d'émigrer au choix vers deux autres usines du groupe, qui a entre-temps absorbé Quakers : à Vauches, dans la Loire, ou à Quimperlé. Sa nature bretonne reprend le dessus, et c'est ainsi qu'il opte pour le le Finistère en 1996. À Quimperlé, où il est ouvrier dans l'unité « sec » de ce qui deviendra rapidement Nestlé-Purina, il continue à faire du syndicalisme. À Boé, il était déjà élu CGT au CE, et ici, en 1998, il est à nouveau délégué au CE, suppléant puis titulaire. Il devient secrétaire du CE de l'unité « sec » en 2004, et suppléant au CCE du groupe en 2006. Et la politique ? Fabrice Le Danvic a commencé au parti communiste, de 1994 à 1996, mais il s'en éloigne rapidement, contestant le rapprochement avec le parti socialiste. Aux présidentielles de 2002, il vote déjà pour Olivier Besancenot, et avec ses camarades de la CGT, il fait venir le leader de la LCR l'an dernier à Quimperlé pour qu'il apporte son soutien aux ouvriers de Nestlé. Définitivement convaincu par le jeune loup de l'extrême-gauche, Fabrice Le Danvic adhère à la LCR en décembre dernier, et accepte de se présenter aux élections. « Avec Sarkozy », dit-il, «on est dirigé par le président du Medef, et il va s'attacher à détruire le Code du Travail, le droit de grève, les services publics, et il va aider les grands patrons au détriment des PME... ». Une candidature à des élections est un des moyens de faire front, poursuit-il, sans parler du fait qu'elle permet de recruter de nouveaux militants dans le secteur.

Score flatteur
Bref, longtemps absente, la LCR s'installe dans la 8 e circonscription, et le score flatteur qu'Olivier Besancenot y a obtenu (5,92 %, avec des pointes spectaculaires à Locunolé et Tréméven) lui laisse quelques espoirs. « Si j'atteins, avec ma suppléante Hélène Adam, la moitié de ce qu'Olivier a obtenu, je serai déjà content », précise Fabrice Le Danvic. Ceci dit, l'élection n'est qu'une étape dans l'activité au quotidien d'un militant. La preuve, c'est que la LCR appellait à se joindre au rassemblement prévu mardi 5 juin sur la place Saint-Michel, à Quimperlé, pour soutenir le marin camerounais, Alain Menjadeu, menacé d'expulsion.

Jean-Jacques Baudet 

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