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31.05.2007

Richard Ferrand (PS) à Châteaulin - Carhaix: « Humain et sincère »

L'homme peut paraître coincé, le politique fier. S'il concède une certaine « réserve naturelle », Richard Ferrand, le candidat du PS aux législatives, se veut avant tout « humain et sincère ». Des qualités de coeur alliées à de réelles convictions qu'il entend défendre pour « éviter le pouvoir sans limite de l'UMP ».


« Ça m'embête que les gens me croient fier ». Dans le monde politique où le sens du contact tient parfois lieu de programme, cette « réserve naturelle », qu'il concède d'ailleurs, aurait pu le desservir. «Ma relation avec les gens n'est pas faite d'effusion mais de respect, assure-t-il. Cela n'empêche toutefois pas les amitiés. Bien au contraire ». Depuis son arrivée en Bretagne au début des années 90, celui qui était alors conseiller spécial de Kofi Yamgnane au secrétariat d'État aux Affaires sociales et à l'Intégration, a su en nouer de solides. Elles n'auront d'ailleurs pas été inutiles pour décrocher un premier mandat électif en 1998. L'étiquette de parachuté qui lui est alors accolée ne l'empêche pourtant pas d'enlever le canton de Carhaix. Six ans plus tard, il est brillamment réélu conseiller général en obtenant près de 70 % des suffrages. « C'est le moment électoral qui m'a le plus ému, se souvient-il. Je savais que j'avais beaucoup travaillé. Mais les électeurs allaient-ils le reconnaître et m'autoriser à continuer ? ».

Le parachuté s'est enraciné
La réponse fut nette et confirmait son enracinement dans le paysage politique local. Le parcours politique en Poher aurait pu être parfait pour cet Aveyronnais, sans la défaite concédée aux municipales de Carhaix en 2001. Pourtant en tête à l'issue du premier tour, il refuse la fusion avec les deux autres listes de gauche. Le résultat est sans appel et il siège aujourd'hui sur les bancs de l'opposition. « Ni fusion, ni confusion », avait-il affirmé à l'époque. Il ne le regrette pas. Ce ne sera pas sa seule défaite électorale. Un an plus tard, il est en effet le suppléant de l'ancien maire de Saint-Coulitz lorsque celui-ci perd son siège de député pour seulement 167 voix. Cette fois, après avoir très largement gagné les primaires internes au PS, il entend redonner une couleur rose à cette 6 e circonscription du Finistère, la plus étendue de France. « Une circonscription complexe et contrastée », que connaît parfaitement celui qui est aussi le président du syndicat mixte d'aménagement touristique de l'Aulne et de l'Hyères (Smatah). « La problématique est différente pour le marin-pêcheur de Camaret ou l'agriculteur de Kergloff, reconnaît-il. Pour autant, malgré cette diversité géographique et thématique, il y a une unicité de la demande et de l'attente de la population quant à l'action publique ».

Gagner les primaires à gauche
Pour pouvoir l'incarner, il devra d'abord gagner les primaires à gauche et devancer le maire de Carhaix. Si tel était le cas, il pourra alors compter sur ce réservoir de voix puisque ce dernier a déjà affirmé son désistement en faveur du candidat de gauche le mieux placé à l'issue du premier tour. Pour l'heure, c'est d'abord et surtout vers le député sortant que le candidat socialiste décoche ses flèches. Un candidat « pyromane à Paris et pompier sur la circonscription qui n'a fait que du saupoudrage de fonds parlementaires comme le font tous les députés ». Rasséréné par le score de Ségolène Royal sur la circonscription (53,5 %), il entend jouer les contre-pouvoirs au parlement à la place d'un candidat sortant qu'il considère comme « le bagage accompagné de la volonté du président Sarkozy ».

Dominique Perrot 

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