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31.05.2007

Brest-rural. Un point chaud

La circonscription de Brest-rural (en réalité rurale, urbaine et maritime) constitue l'un des points chauds du département. L'hypothèse d'une triangulaire au second tour n'est pas à exclure, rendant bien hardie toute prédiction quant à l'issue de ce scrutin.


Le socialiste (futur maire de Brest, à l'époque) François Cuillandre, vainqueur d'un cheveu - 600 voix d'avance et 50,3 % - aux législatives de 1997. L'UMP Marguerite Lamour, élue correctement, sans plus - 2.000 voix d'écart et 51,8 % - en 2002. Royal l'emportant de peu sur Sarkozy - 51 % - à la présidentielle... Brest-rural n'est plus la terre de droite de jadis. Cette circonscription, où se présentent dix candidats, est aujourd'hui l'une des plus imprévisibles du Finistère. Forte de 71.000 électeurs répartis entre 33 communes et sept cantons (trois ruraux, Saint-Renan, Ploudalmézeau et Plabennec, et quatre de l'ouest de l'agglomération brestoise, représentant, à eux seuls, 45 % des électeurs de la circonscription), Brest-rural s'est, peu à peu, teintée de rose.

Axe sud-ouest-nord-ouest
La population de la seconde couronne brestoise, où vivent beaucoup d'anciens habitants de la communauté urbaine, s'est « rurbanisée » et son vote y est moins conservateur qu'autrefois. Le 6 mai, la candidate socialiste l'a emporté à « Brest même », Plouzané, Locmaria-Plouzané, Lampaul-Plouarzel, Saint-Renan et Milizac. En revanche, plus on s'éloigne au nord-ouest de Brest, plus le vote de droite s'accentue. Attendu depuis belle lurette, mais contesté par nombre de plaisanciers, le projet de parc marin a fait beaucoup parler de lui ces dernières années. Il semblait sur le point d'aboutir avant la présidentielle mais le Premier ministre Dominique de Villepin a quitté ses fonctions avant de signer son décret de création, souhaité par la majorité des communes concernées. Le député UMP de Châteaulin Christian Ménard affirme y être pour quelque chose. La sortante Marguerite Lamour, qui, il y a peu encore, se déclarait favorable au parc, est désormais plus prudente : « J'ai toujours souhaité un proiet mettant en valeur la mer d'Iroise tout en respectant les plaisanciers », déclare-t-elle actuellement.

Triangulaire ?
Il est vrai que la position politique de Marguerite Lamour, dont les deux principaux challengers sont eux aussi acquis au parc marin, est fragilisée. Son choix de l'ancien directeur d'Ifremer François Le Verge comme nouveau suppléant n'a pas, pour le moins, ravi Fortuné Pellicano, principal représentant de l'UMP sur la rive droite de Brest. De plus, le score élevé de François Bayrou au premier tour de la présidentielle (23,2 %) sur Brest-rural y démontre la persistance d'un puissant courant centriste. Un électorat guigné par l'ancien préfet maritime, aujourd'hui écrivain, Laurent Mérer, pour le compte du MoDem. Double coup dur pour Marguerite Lamour : son suppléant depuis 2002, le Brestois Yannick Marzin, et l'ancien sénateur centriste Alphonse Arzel (qui n'a pas goûté d'avoir vu, en 2002, son ancienne assistante parlementaire quitter l'UDF pour l'UMP) se sont, tous deux, rangés derrière Laurent Mérer. Électeur de Nicolas Sarkozy le 6 mai, celui-ci s'affirme certain d'être présent au second tour de cette législative, dans le cadre d'une possible triangulaire. Au final, François Cuillandre, conforté par les 50,96 % décrochés par Ségolène Royal sur Brest rural, pourrait bien profiter de ce duel sur sa droite. Battu en 2002, mais en tête au premier tour (35 %), l'ancien député a une envie de revanche et ne manquera pas de faire de ce scrutin un test grandeur nature de popularité avant les municipales de 2008.

Patrice Le Berre 

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