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31.05.2007

A Quimperlé - Concarneau : portrait de Georges Blanche (FN)

Georges Blanche, 67 ans, est le candidat du Front national dans cette élection. Après une longue carrière à Paris, cet ancien commerçant s'est retiré, il y a cinq ans, dans la campagne querriennoise, avec son épouse.


Pas de drapeau bleu-blanc-rouge dans le salon des Blanche, mais deux assiettes en porcelaine au-dessus de la cheminée, avec une inscription sur chacune : « Plus je connais les hommes, plus j'aime les bêtes » et « La réponse est non. Qu'est ce que tu voulais » ? À l'entrée de la pièce, un autre tableau, monté à l'ordinateur, attire l'oeil : on y voit Georges Blanche de profil, un chapeau de cow-boy sur la tête, avec ce message écrit en gros : « Wanted » !

13 à 14 heures de travail par jour jusqu'à la retraite
« C'est ma fille qui m'a offert ça pour mon anniversaire », s'amuse notre homme, avant de nous rassurer : non, sa tête n'a pas été mise à prix dans le quartier, depuis l'annonce de sa candidature sous la bannière frontiste, même si, avoue-t-il, « certains me regardent aujourd'hui du coin de l'oeil ». « Je connais même quelques gauchistes qui ont plaisir à discuter avec moi ». Devant un café servi par son épouse, Yvette, Georges Blanche accepte péniblement de parler de son engagement au sein du Front national, car, dit-il, « il faut bien du courage pour le faire, et puis, à quoi bon ? Le programme est connu ». Les idées de Jean-Marie Le Pen ? Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il les partage. Toutes, sans exception. Mais tant qu'il était commerçant, il était impensable de pousser plus loin l'implication : « D'abord, parce que je travaillais trop, ensuite parce que mes vitrines auraient sauté tous les quatre matins ». Georges Blanche a pris sa carte au parti nationaliste il y a une quinzaine d'années. Plus jeune, il se reconnaissait volontiers dans le Gaullisme. Ce dernier d'une famille de dix enfants - son père était « un petit fonctionnaire » - a été élevé dans l'amour du travail. Apprenti pâtissier à 14 ans. Premier travail à temps plein à 17 ans. Et bientôt sa propre affaire... «J'ai géré six commerces en tout. D'abord des boulangeries, puis des bars-restaurants. J'ai travaillé essentiellement à Paris, dans le neuvième et le quatorzième arrondissement. 13 à 14 heures par jour, et cela toute ma vie jusqu'à la retraite ».

« On est entré dans la culture de l'oisiveté »
Toute sa vie, il s'est reconnu dans cette « France qui se lève tôt », même si la formule est d'un autre. Et toute sa vie, de son comptoir, il a observé son prochain, pour aboutir à ce verdict accablant. « Les Français ont perdu l'habitude de travailler. On est entré dans la culture de l'oisiveté, de l'assistanat et de l'argent facile. Il n'y a plus aucun garde-fou pour les jeunes ». Quand on l'interroge sur le faible écho des idées de Le Pen en Bretagne, la réponse fuse. «C'est une région très riche, et très conservatrice. Et puis, c'est vrai, il y a moins d'immigration, ici. Mais si on continue à laisser faire, ça finira par exploser », prédit-t-il.

Jean-Luc Padellec

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