Elle a toujours été de droite, « comme on dit », de l’UMP en passant par le RPR. « Je suis sociale, pas socialiste », affirme Marie-Élisabeth Bague, infirmière au lycée Pavie. Fan de Nicolas Sarkozy, copine de Roselyne Bachelot, elle estime qu’il n’est pas « prétentieux » de sa part d’envisager un duel PS/UMP au second tour.
La permanence de la candidate UMP, au 15, rue Saint-Yves à Guingamp, a été inaugurée dès le 2 janvier. Une maison ancienne avec vitrine sur rue, des fleurs séchées bleu-blanc-rouge, des sandalettes style jeunes de l’UMP et des affiches de Sarko, et encore de Sarko. Une seule de la candidate aux législatives, sur fond de champ de colza (avec ou sans OGM?), avec son suppléant, Pascal Le Floch, chef d’entreprise. Pourquoi l’avoir ouverte si tôt cette permanence? « Pour apprivoiser les gens. Il faut un certain temps pour que la vitrine s’imprime. » Cela permettait, dans la foulée, de battre campagne pour Sarkozy.
Proche du pouvoir
« J’ai la chance de pouvoir l’approcher régulièrement », dit-elle, sous-entendu le président de la République... Quant au ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, « c’est une amie ». Engagée en politique depuis 1979, Marie-Élisabeth Bague a fait campagne aux côtés de Josselin de Rohan aux régionales, en 2004, avec Bachelot aux Européennes. « Avec elle, on va monter un groupe à l’Assemblée, on trouvera les moyens, on n’est pas toujours obligés de faire avec les deniers publics. Gérer sa circonscription, c’est gérer une entreprise, avec le public et avec le privé.» Et d’évoquer le problème de la santé, le manque de médecins en Centre-Bretagne et dans la circonscription, une circonscription « vieillissante ». À 61 ans, mère de deux enfants, grand-mère de deux petits-enfants, elle se définit comme « une infirmière sociale », au contact permanent des jeunes et du problème de la prévention. Elle travaille « par vocation » et milite pour la reconnaissance des personnels de santé, la mise en place de formations professionnalisantes, pour plus de qualité et de proximité.
Pasionaria de la politique
« Pourquoi n’êtes-vous pas socialiste ? » lui a-t-on demandé à Plestin-les-Grèves où elle est conseillère municipale. « Le social, ce n’est pas l’apanage des socialistes », répond-elle. « Je défends des valeurs, différemment. J’ai toujours été de droite, comme on dit. » Véritable pasionaria de la politique, elle s’enflamme aussi pour les problèmes d’environnement et de l’agriculture. Là encore, « ce n’est pas réservé aux écolos ». Que pense-t-elle de la candidate de l’UDF, Marie-Françoise Droniou ? « Je l’estime beaucoup. C’est tout en son honneur de rester fidèle à François Bayrou.» Elle espère qu’elle se ralliera au second tour. Si c’est l’inverse ? « Je n’envisage pas cette solution. Il n’est pas prétentieux de ma part de dire qu’on va vers un duel PS/UMP. » Marie-Renée Oget (PS), candidate sortante ? « Qu’est-ce qu’elle a fait pour notre circonscription ? On la voit couper des rubans, c’est tout. Je ne vais pas jouer de ça mais... Sur 577 députés, elle est une des seules à qui on demande encore son badge à l’entrée. Elle n’a pas l’étoffe, pas l’ambition. » Elle, en revanche, se sent « leader au fond des tripes ».