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01.06.2007
Portrait de candidat à Quimper : Yvonne Rainero (PCF)
Les élections législatives et Yvonne Rainero, c’est une affaire de quarante ans. C’est, en effet, aux législatives de 1967, à 21 ans, qu’elle a voté pour la première fois. Premier passage dans l’isoloir et premier bulletin communiste glissé dans l’urne. Cette fibre partisane ne l’a plus quittée, même si « on s’est trompé à plusieurs reprises, c’est vrai ».
Lycéenne, elle s’était déjà engagée contre la Guerre d’Algérie. Étudiante, elle s’est opposée à la Guerre du Vietnam. « Mon grand-père maternel me racontait l’affaire Dreyfus, le procès de Zola, le Front populaire, la Guerre d’Espagne. Il a beaucoup contribué à ma formation citoyenne », raconte Yvonne Rainero. « Il n’avait pas d’engagement politique, mais lisait l’Humanité-Dimanche que lui envoyait la fille de Jean-Pierre Timbaud, fusillé à Châteaubriant avec Guy Môquet », rapporte-elle. En mai 1968, au cœur de Paris, « j’ai pris conscience qu’avec un mouvement social, on pouvait obtenir le changement, mais à la condition qu’il y ait des débouchés politiques derrière ». Deux ans plus tard, la jeune agrégée de mathématiques adhère au Snes (Syndicat national des enseignants de second degré) en même temps qu’au PCF.
« Conditions dégradées »
La professeur enseigne en classes prépa au lycée Kerichen, en débarquant à Brest.
« J’ai trouvé dans mon métier de nouvelles raisons de m’engager contre les injustices sociales. » La jeune citoyenne, aux origines capistes, rejoint la section Afo (Atelier des forges de l’Ouest) du parti. « J’ai découvert dans cette section un discours libre, des débats vifs. » Elle rejoint Quimper en 1974 dans les pas de Piero Rainero, l’actuel unique conseiller municipal quimpérois communiste d’opposition. Enseigne les maths au lycée de Cornouaille. Trente-trois ans de carrière à Kermoysan. Elle est en retraite désormais. Et commente : « Les conditions d’enseignement se sont dégradées ces dernières années. Cela m’effraie de penser que 25 % de postes d’enseignants vont disparaître d’ici à 2010 ». « Ce n’est pas qu’une question matérielle, insiste-elle. J’ai vu arriver au lycée de plus en plus d’élèves dont les familles vivaient au quotidien des situations sociales extrêmement difficiles. Il faut que l’Éducation nationale soit en mesure de les aider à réussir, en y mettant les moyens nécessaires. »
« Résister, c’est créer »
La secrétaire de la section PCF du pays de Quimper aborde sa troisième élection législative, après quatre cantonales et une municipale. « Ce n’est pas seulement une question personnelle, mon engagement, ce n’est pas toute ma vie », commente la candidate en campagne. « Il s’agit d’entrer en résistance face à la politique, désastreuse sur le plan social et des solidarités, que Nicolas Sarkozy va mettre en œuvre, signifie Yvonne Rainero. Et pour lutter, il faut pouvoir disposer d’un groupe à l’Assemblée nationale. Pour moi, ces législatives, c’est une bataille très nationale. » « Résister, c’est aussi créer », enchaîne la candidate communiste, en citant le résistant Raymond Aubrac. Elle continue de voir dans le parti « une force de propositions pour un projet de gauche alternatif et populaire ». Certifie : « Les raisons, notamment l’urgence sociale, qui font l’utilité du PCF n’ont pas disparu aujourd’hui ».
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